Context
La gestion de linformation sanitaire est une déterminante de la performance. Au Sénégal, la gestion du système d’information sanitaire montrait l’existence de plusieurs sous-systèmes. La plupart des programmes avaient leurs propres dispositifs de gestion des données d’où l’existence d’une multitude de systèmes parallèles constituant des charges de travail supplémentaire pour les prestataires en charge de la gestion et transmission des données. Cette situation ne militait pas à la production de données de bonne qualité. Pour apporter des solutions à ces problèmes, le Sénégal a donc démarré le processus de mise en œuvre de la plateforme DHIS 2 en 2013 avec un déploiement à partir de 2014 en plusieurs étapes et le passage à l'échelle nationale effectué entre 2015 et 2016. Par ailleurs, le Fonds Mondial a instruit ses récipiendaires principaux dont le VIH à intégrer exclusivement le DHIS2 au cours du NFM3. Dans la même lancée, le programme VIH a aussi débuté l’implémentation du module TRACKER VIH. Il s’agit d’un dispositif intégré dans le DHIS2 qui permet de suivre la prise en charge individuelle des personnes vivants avec le VIH (PVVIH). C’est dans ce cadre qu’un plan de transition dans le DHIS2 et le TRACKER a été élaboré afin que les prestataires utilisent intégralement cette plateforme. Le module TRACKER prend en compte les nouvelles approches et orientations du programme en matière de prise en charge de patients vivant avec le VIH. Il s’agit d’une solution informatique très flexible qui repose sur une plateforme modulaire DHIS2 adoptée comme entrepôt des données national, intégrant l’ensemble des programmes de santé, par le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale. Par ailleurs, il permet l’accès en temps réel des données saisies. Un plan et des stratégies de mise en œuvre ont été élaborés pour assurer l’opérationnalisation du module « TRACKER VIH » et la transition complète du rapportage des données VIH de Excel à la plateforme DHIS2. Aussi, le processus de mise en œuvre a été suivi par l’ensembles des parties prenantes. Depuis 2012, le Plan d’urgence du Président Américain pour la lutte contre le SIDA (PEPFAR) a offert au Ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) un appui aux efforts gouvernementaux visant à accroître la capacité de ses équipes opérationnelles pour une meilleure surveillance de l’impact des programmes de VIH/Sida sur la santé des populations mais aussi de veiller à l’atteinte des indicateurs des 95-95-95 (ONUSIDA). L’objectif du projet était de renforcer le système de surveillance en utilisant un code d’identification unique des cas de VIH et des évidences issues de l’analyse des données de notification. Il s’agissait de mettre en place avec l’appui du projet PEPFAR un modèle de surveillance dans les sites de prise en charge à travers le pays. C’est ainsi qu’en 2023 le PEPFAR à travers la CDC a appuyé le processus d’interopérabilité entre les plateformes SENCAS et TRACKER-VIH, suite aux exigences des opérateurs de saisie des sites de notification et de prise en charge. Après cette solution d’interopérabilité entre les 2 plateformes, la CDC a recommandé d’intégrer la notification du SENCAS dans le TRACKER. La mise en place de ce dispositif de digitalisation des données nécessite un suivi à temps réel des saisies effectuées dans le Module TRACKER par l’ensemble des 148 sites de prise en charge du VIH que compte le Sénégal. Mais aussi, l’assurance de la qualité des données saisies par les prestataires des sites. C’est dans ce cadre que le Conseil National de Lutte contre le Sida, avec l’appui de la subvention du Fonds mondial GC-7 compte recruté un Expert en Suivi - Evaluation, chargé du suivi des données TRACKER pour assurer le suivi et l’assurance qualité des activités de saisies des sites dans la plateforme TRACKER et SENCAS. Ce poste s’intègre dans la mise en œuvre de la politique « La Gestion des données VIH/SIDA dans le cadre du nouveau système intégré de suivi évaluation national », qui est une partie intégrante du Plan intégré de Suivi Evaluation 2023-2030.